Timothée et sa famille ... Exilés français ....

Publié le par Moscillo Sylvie

Timothée et sa famille ... Exilés français ....

Le témoignage de la famille de Tim :

Pour protéger Timothée, jeune adolescent autiste, ils ont quitté la France pour trouver refuge dans un pays qui respecterait les droits de leur fils.

Que dire de plus, que dire de mieux ?

État de droit!

Vous viviez en France. Dans un petit village, pas trop loin d'une grande ville, au cœur d'une petite montagne. Un lac aux eaux pures non loin. La maison était modeste mais chaleureuse, avec une cour-jardin, un pré et des arbres dans la pente au dessus.
Vous êtes sur le point de prendre votre retraite, pour être entièrement disponible pour vos enfants encore jeunes. Votre épouse a un travail qui lui plait, et vous vous aimez.
Situation enviable, même si la retraite va être elle aussi modeste, forcément, car vous avez eu une une carrière un peu, comment dire, "libre". Mais la France, surtout le sud-est, c'est un beau pays, n'est-ce pas? Et puis, c'est l'état de droit, qui règne ici, et, en dépit de violences sporadiques et localisées, le pays n'est pas en guerre, en principe. Tout va bien, ici.

Alors, pourquoi cette voiture remplie a la hâte de vos effets personnels, et votre fille et votre chien avec vous, et ces neuf cents kilomètres avalés dans la journée? D'ailleurs, votre fille, elle devrait être à l'école aujourd'hui, non? Et pourquoi ce bateau? Bon la mer est calme, et le ciel bleu. Pourquoi la maison fermée et la chaîne au portail? Ça n'est pas les vacances, pourtant?

Pourquoi?

C'est pas difficile à comprendre, vous allez voir. L'état de droit s'est occupé de votre famille, comme il sait. Votre fils, adolescent (en fait, vous êtes une famille recomposée, c'est le fils de votre épouse, mais vous l'avez élevé depuis déjà onze années comme le vôtre), eh bien, il est atteint d'autisme. Et ça, l'état de droit, il a quelque chose à en dire et en faire.
L'état de droit, il a des institutions compétentes pour tous les cas de figure. Et comme ce garçon il a un papa (le vrai, pas vous), ce papa s'est dit que l'état de droit, il fallait lui faire confiance. Alors, l'état de droit, il s'est senti autorisé à faire ce qu'il a à faire avec une personne jeune atteinte d'autisme, donc vulnérable : le violenter. Comme les journées en institution compétente ne parvenaient pas à lui faire accepter cette situation, à mon fils (oui je sais...), il résistait. Alors l'état de droit et le papa (le vrai), ont choisi une institution encore plus compétente, ils appellent ça hôpital psychiatrique. Là, ils l'ont violenté encore plus fort: attaché des quatre membres sur un lit, et doses massives de neuroleptiques combinés. Enfin, il ne résistait plus. Ou presque. Il réclamait encore à partir, et même au bout de neuf jours, il a essayé de partir. Il n'a pas réussi, ses gardes l'ont repris.

Alors bien sûr, quand on a pu le reprendre chez nous (pourquoi l'état de droit a-t-il autorisé cela, vous l'ignorez), il a fallu un peu de temps pour qu'il se remette. Après quoi, l'état de droit et son papa (le vrai) l'ont réclamé de nouveau, pour s'en occuper de façon compétente.

Sa maman, votre épouse, a dû alors s'enfuir avec lui, pour le protéger de l'état de droit. Et la police et la gendarmerie sont arrivés chez vous, au milieu du village, en grand équipage, officier de gendarmerie en tête. Ils ont visité votre maison, ses dépendance et le jardin de fond en comble, ils voulaient reprendre le fils, au nom de l'état de droit. Ils vous ont longuement interrogé, et vous ont dit que votre épouse avait fait un mauvais choix de partir. Bien sûr, c'était l'état de droit qui parlait par leur bouche, vous avez reconnu sa voix.

Voilà pourquoi vous êtes en route, votre fille, votre chien avec vous, pour les rejoindre. Il n'y a plus de vie pour vous tous, dans l'état de droit. Heureusement, pour ceux qui continuent d'y vivre, tout va bien, ce n'est pas encore la Syrie ou l'est de l'Ukraine.

Voilà pourquoi votre maison est fermée désormais, sine die.

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