L'école pour tous ... ou presque !

Publié le par Moscillo Sylvie

"L'école est faite pour tous les enfants de la République"

Le président de la République

Pendant ce temps là ..... Timothée, Tina, Yannick et tous les autres n'arrivent pas à franchir le seuil de leur école. Un petit peu comme si la France considérait que ces enfants en situation de handicap n'étaient finalement pas ... des enfants de la République.

En fait, toujours les mêmes prétextes, les mêmes préjugés, les mêmes fausses excuses : ne rentrent pas dans la norme de ce que l'éducation nationale considère être la norme de l'école inclusive.

Oui, le droit d'aller à l'école est un droit constitutionnel (depuis 1946), oui, c'est une obligation de l'état français d'enseigner à tous ses enfants, quelques soient leurs difficultés, sans discriminer.

Mais enfin, quand il suffit de fermer la grille de l'école juste avant qu'ils n'entrent, quand une simple notification oriente vers un ailleurs (où il n'y a pas de place non plus) ... au nez et à la barbe de la justice, du défenseur des droits ... Et quand même la justice se dit incompétente à rendre justice ...

Silence ! on discrimine...

 

 

 

Présidence de la République française
M. François Hollande
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

 

 

Monsieur le Président,


A l'issue de votre visite du Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) de Soyaux le
08/10/2014, vous avez déclaré : "L'école est faite pour tous les enfants de la
République", ce qui ne peut bien-sûr que réjouir les parents d'enfants handicapés et
représentants d'enfants handicapés que nous sommes.

Vous rappelez ainsi le droit à l'enseignement pour tous inscrit dans le préambule de la
constitution de 1946, réaffirmé par la loi du 11 février 2005 et rappelé en 2013 dans les
textes relatifs à la refondation de l'école.

Pour autant, sur le terrain, la réalité est bien différente et l'école inclusive reste un rêve
inaccessible pour bon nombre de nos enfants.

Et pour certains, d'être, sur simple décision administrative, exclus de l'école de la
République, ségrégés, internés dans des institutions loin de leurs familles, sans prise en
charge adaptées préconisées par la HAS, avec comme seul projet d'attendre que la vie
passe … et d'éviter l'asile psychiatrique... ou laissé à la charge des familles, sans
soutien, avec des accompagnements réduits à peau de chagrin.

Nos enfants ne se résume pas à un N° de dossier dans une MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui, outrepassant ses prérogatives et nonobstant le choix de vie de l'enfant, oriente en fonction non pas des besoins de celui-ci mais du bon vouloir de l'école d'être inclusive et de l'intérêt financier des institutions de faire rentrer des prix de journée. Il lui suffit de notifier un refus d'accompagnement par une AVS et de prononcer une orientation en IME pour les priver de leurs droits.

Or, ce droit constitutionnel se doit d'être mis en œuvre, pas d'être réinterrogé, voir
bafoué en raison du handicap.

L'école inclusive est l'école qui se donne les moyens d'accomplir ses missions pour tous
les enfants de la République :  Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de lui
permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté.
Nous ne saurions plus longtemps attendre de nos enfants qu'ils cessent d'être handicapés
pour pouvoir s’intégrer à l'école et exercer leurs droits.

C'est bien à l'état qu'incombe la responsabilité de mettre en œuvre tous les moyens
nécessaires à rendre la scolarité de tous effective. Nos enfants n'ont pas à payer le prix
fort pour des institutions qui tardent à évoluer et à mettre en œuvre la loi.

C'est ainsi – pour que vos engagements ne restent pas des vaines paroles, et au regard de la situation extrêmement préoccupante de quelques jeunes aux avenirs hypothéqués,  
que nous, associations, parents, citoyens nous sollicitons aujourd'hui que vous
interveniez afin que l'état français s’acquitte, pour Tina, pour Timothée, Yannick, pour Yazid, pour tous vos enfants de la république, de ses obligations, dans le respect de leurs
personnes, de leurs choix de vie, de leurs droits et rende à ces enfants de la république
leur place à l'école de la république.

Vous remerciant par avance pour votre diligence, nous vous prions de recevoir, Monsieur
le Président, l'expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Defis74 Handicaps & Scolarité
La Présidente
Sylvie Moscillo

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